Famille et travail Le 07/01/2005 à 18h30
UTLS-La suite, 45, rue des saints-pères 75006 Paris
En collaboration avec
La famille et le travail ne sont pas seulement deux « valeurs » importantes. Ce sont deux activités, chronophages, qui s’exercent dans des lieux et des temps différents, occupent le temps restreint dont nous disposons et sont en concurrence permanente, notamment pour les femmes, sur qui reposent de fait, l’essentiel des tâches domestiques et familiales. Dans une société où les enfants sont majoritairement élevés dans des couples bi-actifs et où l’activité des mères chefs de famille monoparentales est une nécessité, la conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale reste pourtant une préoccupation de seconde zone, un sujet indigne de faire l’objet de débats politiques. Les femmes ont gagné leur émancipation et travaillent et continuent à avoir des enfants. Elles veulent travailler et consacrer un minimum de temps à ceux-ci. Il ne s’agit donc plus de savoir laquelle de ces deux sphères est la plus importante ni quel est le sexe qui va s’y consacrer, mais bien plutôt de prendre au sérieux le fait qu’elles le sont toutes deux, que c’en est fini des doctrines proclamant, l’une la centralité du travail, l’autre, la prééminence de la famille, au moyen de sociologies cloisonnées. Ceci est d’autant plus nécessaire que les recherches internationales récentes ont montré que depuis 1996 la corrélation entre les taux de fécondité et le taux d’activité des femmes, négative auparavant, est devenue fortement positive et que les pays ayant mis en place des dispositifs améliorant la conciliation entre travail et famille sont également ceux où les taux d’activité féminins sont les plus élevés. Alors que les pays de l’OCDE sont confrontés à des perspectives démographiques dominées par un risque de rétrécissement de la population active (vieillissement de la population, baisse des taux de fécondité), la possibilité d’amener les femmes en plus grand nombre sur le marché du travail – ou de leur éviter de se retirer – apparaît donc très stratégique.
Dominique Méda Sociologue, philosophe
Inspecteur général des affaires sociales - Ministère des affaires sociales - DARES
Parcours:
Né en 1962 Elève de l’Ecole Normale Supérieure Agrégation et diplôme d’études approfondies de philosophie 1987-1989 Elève à l’ENA Depuis 1993 Responsable de la mission animation de la recherche et des statistiques au Ministère des Affaires sociales, du travail et la solidarité Et depuis 2002, Inspecteur général des affaires sociales (Igas)
Bibliographie
Elle a écrit de nombreux articles dans les revues nationales et internationales et elle est l’auteur d’ouvrages :
Le travail, une valeur en voie de disparition Edition Aubier, 1995 Travail, une révolution à venir, Arte Editions, 1997 Qu’est-ce que la richesse? Edition Aubier, 1999 Le Temps des femmes pour un nouveau partage des rôles, Flammarion, 2001 Le travail non qualifié : Permanences et défis, avec Francis Vennat, La découverte, 2004 Le travail, Que sais-je, 2004